INTERFACE · 6 MIN DE LECTURE
Faire tenir un nom dans une interface
Un nom vit rarement seul au centre d’une page. Il apparaît à côté d’une quantité, d’une icône, d’un objectif ou d’un autre nom. C’est cet entourage qu’il faut tester.
Partir du support le plus contraint
Imaginez un jeu où l’on répare des relais de montagne. La fiche détaillée peut afficher « Le Relais des fenêtres ouvertes ». Sur la carte, la même expression couvre deux chemins et semble désigner une région entière. Réduire automatiquement la taille du texte réglerait le débordement, mais rendrait la lecture plus difficile. Nous choisissons d’abord une forme de carte : « Relais des Fenêtres ».
Le nom complet reste disponible dans la fiche. Le public ne perd donc pas l’expression originale ; il reçoit une information adaptée à la décision du moment. Sur la carte, il cherche où aller. Dans la fiche, il découvre pourquoi le lieu est appelé ainsi.
Éviter les abréviations qui se ressemblent
Trois lieux se nomment le Relais des Fenêtres, le Refuge des Fougères et la Réserve du Fleuve. Leur réduction à R. des F. rend l’ensemble inutilisable. Le problème n’est pas la longueur de chaque expression, mais la perte de différence lorsque l’interface les abrège.
Essayez « Fenêtres », « Refuge des Fougères » et « Réserve du Fleuve ». Les formes ne possèdent pas exactement le même nombre de mots, mais elles se reconnaissent plus facilement. Une convention graphique peut rester cohérente sans imposer une taille textuelle identique.
Associer le nom et la catégorie
« Le Retour » pourrait être un navire, une quête ou un objet. Dans une liste mixte, le nom seul ne suffit pas toujours. Une catégorie textuelle courte peut lever l’ambiguïté : « Navire · Le Retour ». L’icône accompagne cette information, mais ne devrait pas être le seul moyen de comprendre le type d’élément.
Dans le récit, vous pourrez employer simplement « Le Retour » dès que le contexte sera clair. Le texte d’interface et le dialogue n’ont pas à se copier mot pour mot.
Prévoir la recherche et les accents
Si une personne cherche « foret » et que votre catalogue affiche « Forêts », la recherche devrait idéalement rapprocher les deux formes. Cela ne signifie pas qu’il faut supprimer les accents dans les titres visibles. Ils appartiennent à la lecture du français ; le moteur de recherche peut normaliser les saisies sans appauvrir l’affichage.
Les noms inventés nécessitent aussi des formes faciles à saisir. Une apostrophe rare ou un signe décoratif peut être joli dans un logo et devenir gênant dans une recherche. Réservez les éléments purement visuels à la présentation plutôt qu’à l’orthographe nécessaire pour retrouver un lieu.
Un essai de liste à réaliser
Réunissez douze noms réellement susceptibles d’apparaître ensemble. Ajoutez leurs catégories, quantités et états si votre interface en prévoit. Lisez la liste sur le plus petit écran visé. Demandez-vous ensuite si le nom reste reconnaissable après une interruption et si sa forme courte correspond au même élément dans le journal.
Ce test ne nécessite pas d’inventer de faux résultats d’étude. Il sert à repérer des problèmes visibles. Notez ce que vous avez changé et pourquoi. Le test à voix haute complète ce travail lorsque les noms seront aussi prononcés.
Un avant et un après dans une liste réelle
Une première liste affiche « Relais des fenêtres ouvertes », « Relais des vents ouverts » et « Refuge des fenêtres hautes ». Les trois expressions se lisent séparément, mais une consigne rapide devient difficile à suivre. En révisant la deuxième en « Poste du vent levant », vous changez le noyau mémorable sans supprimer la parenté géographique.
La liste finale peut conserver des catégories visibles : relais, poste, refuge. Ces termes aident à comprendre les fonctions. S’ils ne correspondent à aucune différence dans le jeu, ils deviennent une autre source de bruit ; choisissez alors un vocabulaire plus simple et gardez les nuances dans les fiches.
Garder la cohérence après une modification
Une fois la forme courte choisie, cherchez toutes les apparitions concernées : objectif, carte, journal, dialogue et fichier exporté. Un nom corrigé dans une seule vue peut faire croire à un nouveau lieu. Documentez la forme principale et les variantes autorisées pour que les futures scènes ne réintroduisent pas l’ambiguïté.
La comparaison de caractères ne juge pas cette cohérence automatiquement. Elle montre la longueur du texte ; le travail de vérification consiste à remettre chaque forme dans son usage. Une petite liste de supports peut être plus efficace qu’une note générale disant simplement « garder les noms courts ».
Un dernier essai dans votre atelier
Prenez enfin une capture de votre maquette à sa taille d’usage et faites une pause avant de la relire. Recherchez une destination précise sans agrandir l’image. Si vous confondez deux lignes, modifiez d’abord le mot qui permet de les distinguer. Une réduction générale des polices risque de déplacer le problème plutôt que de le résoudre. Refaites le même essai avec le nom complet dans la fiche détaillée. Les deux vues doivent pouvoir raconter la même identité avec des quantités d’information différentes, sans imposer un effort de déduction à chaque passage.
